- Pour le coaché : Il est un temps donné à soi- même pour progresser sur le plan managérial, personnel, interpersonnel : savoir mieux être pour savoir mieux faire.
- Pour le coach :Il s’agit de gérer un processus relationnel au présent pour atteindre un ou plusieurs objectifs.
Pour les deux, c’est une alliance pour un changement. Un changement dans sa vie personnelle et/ou professionnelle.
De manière générale il s’agit de 10 à 15 séances d’une heure environ, s’étalant sur 6 mois à un an, selon un rythme établi préalablement.
Qu’est-ce qu’un coach ?
Pour le définir par la négative un coach n’est ni un conseiller, ni un formateur, ni un thérapeute, ni un ami et en même temps, il ressemble un peu à tout cela à la fois.
A la différence du thérapeute, il s’occupe d’un problème précis : par exemple une difficulté à résoudre, un objectif à atteindre. Il ne s’occupe pas du passé mais de l’avenir ; il s’intéresse davantage au comment je vais réussir un changement et pour quelle finalité, plutôt que pourquoi je n’y arrive pas. Issu du courant humaniste, le coaching est une attitude qui invite celui qui le pratique à voir son client comme quelqu’un possédant un potentiel de ressources immenses ; il s’intéresse à ce que son coaché pense mais aussi à ce qu’il ressent : ses sensations corporelles, ses émotions. Il s’attache à ce que le client se réapproprie sa croissance, son changement, sa liberté de choix et conséquemment sa responsabilité.
Un consultant donne des conseils, apporte des solutions. Un coach fait émerger les solutions grâce à une méthode de questionnement appropriée. Bien sûr, il donne aussi des éclairages, il apporte certaines notions théoriques, des réflexions tirées de sa propre expérience, mais au final c’est le coaché qui validera ses propres solutions et choisira leur mode de mise en œuvre. Le consultant se fonde sur un diagnostic technique ou organisationnel, alors que le coach se place sur le plan relationnel et psychologique ; le consultant vise le contenu là où le coach prend en compte le contenu et le processus, et contribue à y donner du sens.
Que se passe-t-il en séance ? Ce qu’apporte un coach.
Le coach écoute son client, d’une écoute bien différente de celle de l’ami (e), et ses questions le seront aussi.
- Le coach est capable d’activer plusieurs modes différents d’écoute et de les combiner. Une écoute au premier degré (le contenu), une écoute plus en « hauteur » sur le choix du vocabulaire, le rythme, le débit. Tout en écoutant son client, il « écoute » aussi ce que son client impacte sur lui, soit trois niveaux d’écoute en même temps.
- Les questions tantôt ouvertes tantôt fermées pour inviter le coaché à évoquer ses cadres de références (le contexte), à sortir du flou ou de la confusion en le centrant sur des choses précises.
- La reformulation : permet au coach de vérifier ses perceptions et au coaché d’ajuster sa communication. Cela permet également au client d’être stimulé par une parole qui témoigne de l’empathie, de l’intérêt et de la compréhension.
- Le coach sait garder des temps de silence pour que la parole du coaché prenne sa forme, c’est une présence bienveillante et active.
- La clarification consiste à faire préciser le sens que donne l’interlocuteur. Ex « Que voulez- vous dire par expert ? » Chaque mot a un sens différent pour chaque personne ; au travers le choix du vocabulaire s’exprime une certaine vision du monde ; celle très spécifique à chaque client. Par exemple comment, à la question « comment saurez-vous que vous aurez réussi ? » l’un dira « j’aurais une augmentation » quand l’autre rétorquera « quand j’aurais obtenu mon 4/5 de temps » et un autre encore « quand je ne me disputerais plus avec ma belle fille. » Ainsi sous le mot réussite voilà déjà 3 possibilités.
Le coach est le gardien de l’objectif et du temps grâce à ses outils.
- La définition de l’objectif occupe une place très importante. Un problème bien posé est à moitié solutionné. Ou pour reprendre Sun Tzu « Celui qui n’a pas d’objectifs ne risque pas de les atteindre. »
- Quant au temps, il sait à la fois laisser de la place à l’imprévu, à l’urgence et maîtriser l’ensemble du processus pour éviter des disgressions inutiles ou inappropriées. Il peut s’agir alors de préciser au client que tel problème est du ressort d’un psychothérapeutes ou d’une formation.
Le coach va éclairer la situation grâce à :
- Des options d’action grâce à son regard extérieur intéressé mais non impliqué.
- Transfert de compétences. Dans ce cas il quitte sa casquette de coach pour enseigner des outils utiles aux changements comme des techniques de communication, des méthodes de gestion du stress, un processus motivationnel etc…
Ces interventions se font sous forme de :
- Confrontation des sentiments. C’est une technique puissante qui nécessite un niveau optimum de confiance réciproque. Elle suppose de la part du coach de percevoir le niveau psychologique du client et induire chez le coaché le déblocage de la charge émotionnelle liée à la situation et lui faire libérer l’énergie attachée à ses affects. Par exemple : « Lorsque vous me parler de votre N+1 j’observe que le ton monte et que la colère est contenue et que vous êtes prêt à débouler de manière brutale dans son bureau ? » Ou alors « Lorsque-vous me présenter votre décision le ton que vous utilisez est celui d’une petite fille. C’est ainsi que vous vous présenterez devant le JAM pour présenter votre demande en divorce ?
Il s’agit là d’aider le coaché à se dés identifier du problème, à prendre une position méta qui amorcera le processus d’autonomie. - feed-back pour évaluer le travail, les processus, les étapes du changement, les résultats….
- permissions : encourager, autoriser un risque calculé. En donnant des signes de reconnaissance positifs il augmente l’estime de soi et la confiance en soi.
- protections : mettre en garde, balayer les angles morts.
Par son exemple en séance, le coach est dans une attitude pédagogique : c'est à dire un comportement intériorisé et silencieux. Cela constitue une référence en situation réelle. Par exemple « ne pas entrer en relation fusionnelle ou maternante, ne pas refiler la patate chaude et prendre ses responsabilités, refuser l’ouverture du parapluie, s’opposer à la manipulation, rester flexible tout en étant assertif…. »
Un bon coach ?
N’est pas coach qui décide parce qu’il est expert en son domaine, se trouve au chômage et veut se reconvertir, aime pratiquer la relation, même si toutes ses raisons sont de bonnes raisons pour le devenir.
Il s’agit d’un processus lent de maturation personnelle qui fait passer de la position de consultant à coach. Pour mémoire contrairement au consultant le coach ne préconise rien pour son client, il ne lui donne aucun conseil. C’est pourquoi il est difficile de faire ce métier d’expérience lorsque l’on est très jeune, même si « la valeur n’attend pas le nombre des années » ! Cependant un « bon » coach a lui-même déjà fait quelques traversées difficiles dont il n’est pas inopportun de lui poser la question au moment où vous le choisissez pour vous.
Outre une formation technique à l’écoute il aura acquis la maîtrise de grilles de lecture des personnes et des problèmes. Citons des outils comme l’ACP, Process com, systémie, PNL, Enneagramme, l’Analyse Transactionnelle, la Gestalt etc.…Cependant sa trousse à outil lui appartient ! Vous ne demandez pas au garagiste s’il va utiliser une clé de 12 ou un tournevis. Il ne peut pas vous dire à l’avance quel outil il utilisera, quand et comment.
Le coach n’est pas un être d’exception. Il a pris le temps d’être lui-même accompagné pour développer un regard lucide et courageux sur son histoire, ses blessures existentielles, ses failles, ses ombres et ses potentialités. Il se reconnaît et s’accepte avec ses limites et ses forces et c’est ce qui assure au client qu’il en sera de même pour lui.
Il a pris du recul par rapport à lui-même : ses schémas, sa carte du monde, ses états du moi, ses blessures afin de garder à distance ses projections sur autrui, éviter d’entrer dans une relation perverse : soumission, maternage, gourou…
Il est capable de maîtriser les éléments du transfert et du contre transfert afin de garder la bonne distance entre lui, le coaché et le problème.
Ceci se travaille par des stages de développement personnel, de la thérapie, de la supervision pour maîtriser une forme ou une autre de la relation d’aide.
Un bon coach est supervisé ; ce qui signifie qu’il a un lieu où son travail avec le client est évalué et remis en cause pour la plus grande sécurité de son client. Il n’est pas inutile de lui demander qui le supervise !
Un bon coach est reconnu par ses pairs dans une association qui régule la profession et le soumet à un cadre éthique. Il est en mesure de justifier ses diplômes.
Il a dépassé sa problématique à l’argent et est à l’aise pour en parler.
Il est à même de ne pas contaminer la relation par des attentes en termes de reconnaissance affective ou sociale.
Un coach est en processus de formation permanent et il ne consacre pas 100% de son activité au coaching.
Demandez- lui quelles sont ses autres activités.
Dernier élément très important, le bon coach c’est celui qui est bon pour vous, et c’est extrêmement subjectif.
La dimension de confiance est importante et s’établie bien souvent sur des éléments totalement irrationnels.
Dans quelles situations fait-on appel à un coach ?
- Le soutien. Quand la personne traverse une situation pas claire, difficile sur le plan émotionnel ou technique on l’appelle « life-coaching ».
Il n’y a pas d’objectif précis en termes d’action, mais de mieux être. Ce mieux être est alors quantifié sur des paramètres mesurables, atteignables et dépendant de soi. L’entretien de coaching est un lieu de parole, d’accompagnement et d’élaboration pour elle-même. - La crise. Il s’agit de prendre une décision rapidement, d’une échéance à assumer. La personne trouve un lieu de réflexion, de feed-back et d’aide.
- La performance. C’est la situation la plus courante en entreprise. Il s’agit d’organiser un accompagnement autour d’une situation managériale donnée : changement de fonction, médiation dans un conflit, une expatriation, une restructuration de service, la constitution d’une équipe…..
Nous pourrions résumer en disant que se faire coacher est l’occasion de se recentrer sur l’essentiel de sa vie, ses valeurs fondamentales pour y puiser une force intérieure, une motivation pour prendre des décisions importantes pour soi en accord avec ce qui nous anime.
Arboressence - Yolande Du Fayet De La Tour































