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Apprendre à communiquer et désamorcer les conflits !

Par: Gaumet 23-2-2010

©Arboressence : Vivre et coacher en volume
Les temps de rupture, quelqu’en soit la raison, est un temps propice pour s’interroger sur la manière dont nous savons ou non dire « je t’aime » à ceux qui nous sont proches. Soit, ils nous ont quittés trop tôt, et nous réalisons toutes les occasions manquées pour dire notre affection. Soit, nous nous sommes tellement déchirés sans nous comprendre que, seule, la rupture nous a permis de retrouver un équilibre. Comment expliquer que dans les familles où l’on s’aime vraiment, on se le dise si peu ?Pourquoi, dans la majorité des cas de divorce la raison fondamentale de la rupture est une difficulté ou une incapacité à communiquer qui, au fil du temps, se transforme en « vide » d’amour ? Les paroles sont rarement à la hauteur de la réalité des sentiments, et comme chacun le sait, l’Amour ne se traduit pas uniquement par des paroles : un geste, un regard, une attention….Cependant nous avons tous besoin que les paroles viennent authentifier les actes.

« Je t’aime, cela va sans dire, mieux en le disant ! » Pourquoi tant de résistances ? Plusieurs explications sont possibles : un blocage, la difficulté à verbaliser (spécialité et non exclusivité masculine !), l’absence d’éducation à l’expression des sentiments, la pudeur….Combien d’entre nous ont grandi dans des familles où l’on n’exprimait jamais sa tendresse ? Comme si, montrer ses sentiments passait pour un signe de faiblesse. Ou, comme le croient un certain nombre d’hommes, faire est comme dire ! « Je lui ramène toute ma paye, je bricole dans la maison, j’aide aux devoirs des enfants… » Équivaut au « je t’aime » qu’une épouse aimerait plutôt entendre ! Vient alors le moment où l’Amour semble ne plus se dire et ne plus exister, et ce qui devrait être des mots doux se transforment en reproches, critiques acerbes, piques ou franches engueulades qui tout à coup occupent tout l’espace. Comme si, tout ce qui n’a pas pu ou su se dire revient avec force sous forme d’un raz de marée de violences verbales ou/et physiques.La tendresse et la douceur font place à la colère et aux mots qui tuent ! Comment mieux communiquer avant qu’il ne soit trop tard ?Comment éviter de reproduire les mêmes schémas dans une nouvelle relation ? Je vous propose deux pistes pour amorcer une meilleure communication dans votre couple, avec vos enfants et beaux-enfants, belles familles respectives :

  • découvrir l’Enneagramme,
  • apprendre la communication non violente (CNV).

Un conflit, une dispute est générée par un élément extérieur qui déclenche colère et reproches que l’on projette à la face de celui qui devient un « adversaire ». Or c’est une illusion de croire que la cause est extérieure ! Que s’est-il vraiment passé ? Chaque personne a l’impression que c’est l’attitude de l’autre qui est la cause du conflit et qui a provoqué sa réaction. En fait, cette cause extérieure n’est pas la plus importante et l’objet apparent n’est souvent que secondaire. Le comportement de l’autre a été interprété et perçu comme bafouant les motivations, les valeurs ou les critères importants. Or tout cela est « caché » à l’intérieur de soi, de manière consciente ou non ; et si l’on ne perçoit pas le mécanisme intérieur qui conduit à l’affrontement et qui est la cause primordiale, le conflit est souvent incompréhensible et presque insoluble. C’est moins le fait que l(interprétation que nous en avons faite qui est le déclencheur. La résolution du conflit se fait en parcourant à l’envers le processus qui a conduit à son existence.

  • Tout d’abord, interrompre la réaction et les émotions qui la provoquent. Attendre le retour au calme.
  • Reconnaître dans un premier temps cette « poussée » émotionnelle et l’accueillir ; en effet dans le système de pensée de la personne, la réaction et les émotions exprimées sont légitimes. Les nier ne contribuerait qu’à les renforcer. Accueillir et reconnaître ne veut pas dire accepter ! Dire tout simplement : « Lorsque je te vois dans cet état de tension, j’ai le sentiment que quelque chose d’important n’a pas été pris en compte ? Peux-tu me dire de quoi s’agit-il ? »

L’Enneagramme est un outil qui nous permet de mieux nous connaître et donc de mieux communiquer avec autrui en abordant ce qui nous motive profondément. Quelles sont nos buts, nos habitudes, notre rythme, ce qui nous est difficile dans le comportement d’autrui, comment nous communiquons, quelles sont nos émotions : celles que nous exprimons sans difficulté et celles que nous nions etc.… Comme son nom l’indique l’Enneagramme propose neuf profils de personnalité dans lequel chacun est invité à se reconnaître librement et à son rythme. Partant de là, au-delà des comportements, nous savons ce qui nous pousse à agir et de quelle façon. Quelles sont nos valeurs importantes : celles qui, en cas de non respect par autrui, risquent de déclencher les plus violentes altercations ! Ainsi nous saurons comment nous relier à l’autre avec authenticité. L’Enneagramme nous donne aussi des pistes sur ce qui nous motivera à sortir du conflit et là est la clé d’une meilleure communication. Pouvoir se dire permet à l’autre de nous ouvrir un champ de « possibles ».
Par exemple :

  • Les personnes de profil 1, chercheront à concilier de manière réaliste et mobiliseront leur énergie pour rester le conjoint et le parent « parfait ».
  • Les personnes de base 2, ayant beaucoup de difficultés à rompre le lien, quel qu’il soit, voudront une solution qui tienne compte des émotions de chacune des parties.
  • Les personnes en base 5, éviteront toute démonstration émotionnelle et voudront des arguments logiques et rationnels pour trouver un pacte équilibré. On parle d’adulte à adulte !
  • Les personnes de base 6, loyales et fidèles par excellence, s’efforceront de promouvoir la coopération et le respect des engagements.
  • Les personnes de base 9, de nature fusionnelle, ne supportant pas les conflits, feront tout pour concilier en tenant compte de tous les paramètres. Cela prendra du temps, gage d’une solution qui se voudra harmonieuse à long terme. Etc….

Quant à la communication non violente ou CNV, initiée par Marshall Rosenberg elle nous ouvre à une méthode basée sur deux axes :

  • Qu’y-a-t-il de vivant en nous ?
  • Que pouvons- nous faire pour rendre la vie plus belle ?

Elle nous apprend des manières d’exprimer ce que nous ressentons. Et ainsi nous apprend à nous relier à ce qui est vivant chez l’autre même s’il ne trouve pas les mots pour le dire. C’est à la fois très simple et très difficile.Tenez, regardez combien de personne autour de vous savent réellement répondre à la phrase de salutations bien connue : comment allez-vous ?Et vous-même vous arrive-t-il de répondre autre chose que le rituel « très bien merci et vous ? » En effet notre éducation occidentale nous habitue à penser en termes moralisateurs. Notre conscience est remplie de mots tels que : juste, bien, mal, faux, mauvais, égoïste, altruiste, incompétent, courageux, stupide, travailleur….Nous avons appris à parler en termes de récompenses et de punitions, plutôt que de nous relier à ce qui est vivant en nous et nous rend la vie plus belle. Et les récompenses sont une forme toute aussi violente de communication que celle des punitions. Les unes comme les autres sont des moyens de contrôler les autres ! La communication non violente nous invite à exprimer à quelqu’un ce que son comportement stimule en nous. Et que, nous l’exprimions avec honnêteté en évitant les termes qui impliquent la faute, la critique, l’insulte, le jugement ou le diagnostic psychologique. Comment s’y prendre ? En quatre temps :

  1. Enoncer les faits qui nous font souffrir de manière positive en en prenant la responsabilité. Exemple : « quand je t’entends me parler avec une voix si brutale » (et non « Tu me parles violemment et tu…..et tu… » qui équivaut à la parole tu-tu-tu qui tue ! la relation).
  2. Identifiez ce que vous ressentez et mettez-le en mots pour éviter plus tard les maux ! Faites-le sans condamnations ni critiques de l’autre : « Je ressens du reproche de ta part… »
  3. Après l’avoir identifié et reconnu, exprimez le besoin à l’origine de ce sentiment : « J’ai besoin que l’on me parle calmement pour me sentir acceptée….. » Vous ne faites pas référence à l’interlocuteur en question directement.
  4. Faites une demande claire: « Veux-tu reprendre la discussion avec calme ? » Faire une vraie demande implique de manière implicite que l’on accepte que l’autre refuse !

Cette façon de communiquer ne nous est pas naturelle, elle est cependant efficace et utile dans des situations de tensions.Ainsi nous nous rendons mutuellement la vie plus belle !

ABC de l’Enneagramme d’Eric Salmon aux éditions Les sous-types, Eric Salmon, Interéditions Site : http://www.enneagramme.eu/Les mots sont des fenêtres, Marshall Rosenberg, Editions La Découverte. Nous arriverons à nous entendre, M. Rosenberg, Editions JouvenceSite : http://www.cnvbelgique.be/

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