Je vous l’accorde le titre est un tantinet provocateur ; il porte à réfléchir sur le sens de ces deux mots mis côte à côte sur un site dont la thématique est le divorce.
En quoi le divorce serait une chance ?
Voilà l’idée paradoxale qui pointe le bout de son nez ; une vision optimiste de la réalité que tout un chacun ne partage pas naturellement !
Chance pour certains car le changement de cap leur est bénéfique et une nouvelle vie, à peine espérée, se fait jour sur les catastrophes d’hier.
Pour d’autres, il y a « avant » et tous les souvenirs heureux qui s’y rattachent et « après » et son cortège de malédictions : perte de niveau de vie, éloignement des enfants, réseau social difficile à reconstruire, solitude, mésestime de soi, perte du goût de la vie…
Face aux changements nous avons le choix entre différentes attitudes : évolution, révolution ou stabilité.
Cependant l’étape incontournable consiste à reconnaître l’échec.
Il s’agit, non pas de percevoir la situation comme un accident que le rétablissement de la situation antérieure suffirait à réparer, mais plutôt comme l’opportunité d’un nouveau commencement, l’origine d’une nouvelle orientation, un défi à relever.
Coachs et psychothérapeutes s’attachent à vous aider à rebondir après ce deuil : celui du couple idéal, d’une certaine forme de famille, de l’ amour qui rime avec « toujours ». Faire son deuil est l’étape incontournable d’un renouveau.1
Mais comment est-ce possible ?
Je vous livre ci-après le fruit de mon expérience de 27 années d’accompagnement.
Penchons nous d’abord sur ce qu’est un échec.
- La peur de l’échec est une vertu. Elle nous permet tout simplement de ne pas rester indifférents aux conséquences de nos actes. Elle est donc souhaitable jusqu’à un certain point. Savoir faire l’autopsie d’un échec pour sortir de la rumination négative et pour tirer la leçon est indispensable.
- L’important est de ne pas rester seul car c’est moins l’échec lui-même que l’échec vu par les autres qui nous fait souffrir. Il est intéressant de vérifier auprès des autres la perception de ce qui s’est passé. L’on est parfois surpris par l’écart qu’il peut exister d’une part entre ce que nous percevons de ce qui s’est passé à l’intérieur de nous et d’autre part le jugement réellement porté par autrui. Les autres se montrent souvent plus bienveillants que l’on pourrait l’imaginer.
- Se dénigrer quand nous faisons des erreurs nous portera, si nous n’y prenons garde, à passer notre vie en dépression. Ressasser nos échecs nous portera à ne voir qu’une seule partie du problème : la partie sombre. Et, si nous ne savons pas nous relier à nous-mêmes avec empathie, alors il nous sera très difficile de le faire avec autrui. La spirale s’autoalimentera dans un environnement qui, culturellement, nous porte plus facilement à voir ce qui ne va pas plutôt que tout ce qui fonctionne. La propension des français à « râler » fait sourire nos amis européens !
Revenir sur le passé n’arrange pas la guérison. Nous sommes parfois très attachés à une « croyance » selon laquelle nous haïr nous donnerait la chance d’être pardonnés.
Une chance ?
- La première étape de ce processus consiste à revivre activement et immédiatement tout ce qu’il s’est passé et d’essayer d’en avoir une vision balancée (on peut se faire aider par un tiers). Est-ce que cela aurait pu être pire ? Y-a-t-il des aspects positifs ? Le cerveau émotionnel ne fait pas de nuances d’où le recours à la rationalité. Cette étape « émotionnelle » est très importante et l’occulter c’est s’assurer un effet « boomerang » à l’échec suivant ! Ne pas rester seul et se faire aider est parfois salutaire. Plus l’échec est douloureux, plus le regarder en face s’avère fructueux. Ce face à face avec son échec est utilisé en psychothérapie : en se remémorant de manière consciente et précise ce qui est douloureux, l’excès de charge émotionnelle peut être désactivé. Ainsi, l’on peut stocker le souvenir émotionnellement nettoyé et corriger sa mémoire qui est « tragiquement » sélective !
- L’acceptation. « Réjouissons-nous de notre droit à l’erreur et de la dignité que nous retirons de ce privilège. Soyons heureux d’avoir la sagesse de reconnaître nos bévues, heureux de pouvoir les utiliser comme les lanternes éclairant la route de notre avenir. Les erreurs sont un mal nécessaire sur la voie de la sagesse. Sans elles, il n’y aurait pas d’épanouissement personnel, pas de progrès, pas de conquêtes. » (William Jordan)
Il nous faut faire le deuil de nos illusions et accepter avec tristesse ce qu’il nous arrive plutôt que de rationaliser ou chercher à l’expliquer par tous les moyens. - L’étape suivante consiste à cesser de ruminer et renoncer à chercher un coupable pour prendre nos responsabilités. C’est le seul moyen de reprendre le contrôle de la situation et tenter de trouver des réponses à l’intérieur de nous. Ce n’est qu’en me concentrant sur moi-même au lieu d’impliquer les autres, que j’arriverai à aller de l’avant.
- Quelle place donnons-nous à la culpabilité ? La culpabilité est un sentiment, une émotion qui est utile car elle nous indique que quelque chose d’important, pour nous ou pour l’autre, n’a pas été respecté. Serait-ce tout simplement un brin d’assurance péremptoire qui s’évanouit ?... Difficile d’y échapper ; l’important est de ne pas entrer dans le cercle infernal de la culpabilisation et de s’y laisser emprisonner. Comment ? En assumant la part de responsabilité qui nous revient mais pas plus ! Plus nous acceptons ces sentiments de culpabilité, plus nous nous donnons l’opportunité de les métamorphoser.
- Faire preuve d’humilité : accepter de descendre jusqu’aux racines de l’échec nous donnera les clés pour réussir à l’avenir. Par exemple, si je n’accepte pas d’admettre l’attitude passive que j’ai eue avec mon ex-femme lorsqu’il s’agissait de recadrer les enfants, je risque fort de recommencer dans l’union que je contracterai plus tard et de mettre à nouveau en péril mon couple ou encore, si je ne reconnais pas que j’ai été mère au détriment de mon rôle d’amante comment refaire ma vie avec un compagnon ?
- On peut développer sa tolérance à l’échec par des petits exercices quotidiens ; les reconnaître puis les transformer.
Voici une liste d’items, regardez-les et essayez de vous les approprier en prenant un exemple de votre propre vie : déclinez le sujet selon le SCOUP !






























